29.08.2008

"C'est bon pour le moral"

Mohammedia, vendredi 29 août 2008

Je viens de trouver cet article dans "la Tribune de Genève" http://www.tdg.ch/ d'hier :

«Les cancers tuent, mais on peut en guérir près de 80%»

CONGRÈS MONDIAL : 2500 spécialistes participent à Genève au congrès de l'Union internationale contre le cancer (UICC). Interview du docteur Matti Aapro, oncologue et président du comité scientifique du congrès. 

FRANCINE BRUNSCHWIG | 28 Août 2008 | 00h09

Devant quelque 2500 spécialistes mondiaux, le président de la -Confédération Pascal Couchepin a inauguré hier à Genève le Congrès mondial sur le cancer. Le conseiller fédéral a notamment plaidé en faveur de la promotion des soins palliatifs. «C'est l'une de mes priorités», a-t-il déclaré. Organisé tous les deux ans par l'Union internationale contre le cancer (UICC), le congrès aura lieu en 2010 à Pékin. Alors qu'un tiers des cancers sont associés au mode de vie des pays riches (lire encadré), la maladie n'épargne pas les pays en développement, où surviennent 75% des décès dus au cancer.

Chaque année, près de 11 millions de personnes (60 000 en Suisse) reçoivent un diagnostic de cancer. Oncologue à la Clinique de Genolier, le Dr Matti Aapro répond à nos questions.

Lorsqu'on prononce le mot cancer, on pense vie qui bascule et mort. Comment ressentez-vous cela en tant que médecin?

Je m'insurge contre cette image du cancer. Bien sûr, le cancer tue, mais dans les pays développés, près de 80% des cancers sont guéris, notamment ceux qui peuvent être détectés de manière précoce. Cette image négative favorise la peur et le déni. J'ai récemment vu une patiente qui, par crainte du diagnostic, a laissé une lésion du sein se développer durant deux ans sans consulter. Même ce message simple ne semble pas avoir passé: à savoir que la détection précoce favorise la guérison d'un cancer.

Vous êtes oncologue depuis plus de vingt-cinq ans. Quels progrès?

Ils sont extraordinaires. Pour certains cancers, celui des testicules et le lymphome notamment, on est passé du traitement palliatif au traitement curatif, même dans des situations très avancées. Les chances de survie des cancers du sein et du colon ont augmenté de plus de 50%. Et surtout on est en train de vivre une révolution. Grâce à la compréhension toujours plus poussée des mécanismes qui transforment une cellule saine en une cellule cancéreuse, il est possible de développer des médicaments dits ciblés. Par ailleurs, la chirurgie est devenue moins invasive et la radiothérapie agit de manière plus précise, ce qui diminue les -effets secondaires.

Le tabac, l'alcool augmentent clairement le risque de cancer. Quels sont les autres facteurs liés à l'hygiène de vie?

Le manque d'exercice physique, l'obésité. Le tabagisme figure au coeur de notre congrès. C'est un fléau. Il augmente le risque du cancer du poumon mais aussi de celui de la vessie. Et l'on pense qu'il joue un rôle dans la survenue d'autres cancers. Sans parler des maladies cardiovasculaires.

Et l'alimentation?

Il s'agit le plus souvent d'observations et non de preuves scientifiques. Sauf dans le cas de deux études récentes: elles ont montré, en suivant des dizaines de milliers de patientes, un lien entre une alimentation riche en graisses et le cancer du sein. D'où le message à faire passer pour une alimentation équilibrée et surtout pauvre en graisses.

Le thé vert que préconise notamment le Dr David Servan-Schreiber, vous n'y croyez pas?

Les substances contenues dans le thé vert sont susceptibles d'agir contre le processus cancéreux. Mais je demande que l'on m'explique le paradoxe suivant: chez les Chinois de certaines régions et les Japonais qui boivent beaucoup de thé vert, l'incidence des cancers de l'oesophage et de l'estomac est très élevée.

Comme le sida, certains cancers sont-ils en passe de devenir une maladie chronique avec laquelle on peut vivre?

Grâce aux médicaments ciblés et à la radiothérapie, dans certains cas, on peut offrir des traitements qui augmentent clairement la survie jusqu'à plusieurs années, voire induisent une stabilisation de la maladie. L'exemple le plus extraordinaire est celui de la leucémie myéloïde chronique. Les patients dépassent aujourd'hui de loin toutes les espérances de survie généralement attendues pour cette maladie. Mais on ne peut parler de guérison puisque le patient reste dépendant du médicament

Le coût exorbitant de certains nouveaux médicaments les rend souvent inaccessibles. Et ils ne prolongent la survie que de quelques mois...

Le temps de survie dépend d'un patient à l'autre, impossible de le prévoir. Notre société a le devoir d'offrir sa chance à un patient. Dérisoires quelques mois de survie? Peut-être aux yeux de ceux qui ne sont pas malades.

Où sont les risques?

Quels sont les facteurs qui favorisent le cancer? Dans les pays riches, comme le nôtre, on pense facilement au stress, à la pollution, aux produits chimiques… à autant de facteurs que nous ne pouvons pas contrôler ou maîtriser. Or, révèle une vaste enquête internationale publiée hier à l’occasion du Congrès mondial sur le cancer qui se tient à Palexpo, le cancer fait l’objet de beaucoup de fausses perceptions. Ainsi, le stress n’est pas une cause reconnue du cancer et la contribution de la pollution de l’air reste mineure contrairement à celle de l’alcool ou du surpoids dans la survenance d’un cancer.

De même, dans les pays développés, près de 60% des personnes sondées pensent qu’il est plus dangereux de ne pas manger les cinq fruits et légumes par jour recommandés que de consommer de l’alcool (51%). A nouveau, la preuve des bienfaits des premiers est inférieure à celle des dégâts du second. Mais 42% des sondés croient que l’alcoolisme n’a aucun lien avec le cancer!

Autre reflet de la méconnaissance: dans les pays en développement, près d’une personne interrogée sur deux (48%) croit qu’il «n’y a pas grand-chose à faire contre le cancer». Dans les pays riches, cette proportion tombe à 17%.

L’étude, réalisée dans 29 pays (non compris la Suisse) auprès d’environ 30?000 personnes, montre que «des messages très importants ne sont pas entendus», souligne le président de l’UICC, David Hill. «Les gens ont besoin de savoir pourquoi ils doivent changer, ils ont besoin qu’on leur montre comment changer, ils ont besoin de moyens ou de soutien pour changer, ils ont besoin qu’on leur rappelle qu’il faut changer.»

Anne-Muriel Brouet
 
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Tout va bien... Kolche mziane...

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